Bonjour Manon, pourriez-vous nous parler de votre parcours et de ce qui vous a amenée à co-fonder Libu ?
J’ai co-fondé Libu en 2019, à l’issue de mes études d’ingénieur spécialisé en optique. Durant mes études, j’ai travaillé sur l’interaction entre la santé humaine et la lumière, et j’ai remarqué qu’aucune solution ne faisait le lien entre l’éclairage des espaces de travail et ses impacts potentiels sur la santé.
C’est pour cela qu’avec mon associé Tinou, nous avons, en parallèle de nos études, développé une technologie brevetée permettant de faire le lien entre éclairage professionnel et bienfaits sur la santé humaine, et créé la société Libu à l’issue de nos études.
Comment est née l'idée d'étudier l'impact de l'éclairage circadien sur le travail de nuit, et qu'espériez-vous découvrir au départ ?
Nous travaillions déjà sur l’éclairage des bureaux de façon générale, et nous avions de nombreuses sollicitations sur des sujets d’horaires atypiques. En 2016, l’ANSES, dans son rapport, a établi les corrélations entre travail de nuit et troubles de la santé. Une des recommandations du rapport était de travailler sur l’impact de l’éclairage sur le poste de nuit, ce qui a mis le sujet de l’éclairage pour le travail de nuit en lumière.
A défaut d’études spécifiques au sujet, nous avons décidé de lancer une étude sur des travailleurs de nuit afin d’étudier l’impact de l’éclairage circadien, et de voir si nos solutions pouvaient avoir un impact bénéfique sur leur attention et leur repos, mais aussi sur leur santé de façon plus générale.
Pourriez-vous expliquer en détail comment les solutions d'éclairage circadien de Libu fonctionnent pour améliorer le bien-être des travailleurs de nuit ?
L’éclairage de nuit est spécifique : l’humain est photophobe la nuit, c’est-à-dire qu’il n’aime pas la lumière ! Ainsi, nous ne reproduisons pas la lumière du jour la nuit : la lumière est plus douce, moins intense, mais permet un maintien de l’attention – notamment aux heures critiques de la nuit (1-4h du matin, là où le pic de sécrétion de la mélatonine est au plus haut)
Selon vous, quels sont les bénéfices long terme que pourrait apporter l’éclairage circadien s’il était plus largement adopté dans les environnements de travail de nuit ?
Les entreprises qui se sont engagées dans l’installation d’éclairage circadien sur les postes de nuit le font pour plusieurs raisons : améliorer la santé et le confort de leurs collaborateurs (par exemple, en les incitant à allumer davantage la lumière – ce qui a un impact positif sur la vision), mais aussi car ce sont des postes où les conditions de travail sont parfois difficiles (situations d’urgences, appels fréquents) et qu’il est important pour elles de proposer des solutions en terme de santé et qualité de vie au travail.
Les résultats de l'étude montrent une amélioration nette de la qualité du sommeil et de la diminution du stress. Quels ont été les retours les plus surprenants reçus des participants ?
Les retours les plus usuels concernent le confort visuel – habitués à travailler dans le noir avec l’éclairage des écrans uniquement et éventuellement une lampe d’appoint, les collaborateurs remontent moins de migraines ophtalmiques (les fameux maux de têtes liés à l’éclairage).
Quelle est la réaction des entreprises face aux résultats de votre étude et quel rôle pensez-vous qu’elles devraient jouer pour intégrer ces solutions à grande échelle ?
Les entreprises réagissent très positivement à ces résultats, car les postes de nuit présentent de réels enjeux : maintien de l’attention, santé des opérateurs, recrutement… Suite à l’étude, plusieurs entreprises, notamment dans les secteurs de la sécurité et de la surveillance, ont déjà fait appel à nous pour l’éclairage de leurs collaborateurs.
Quels sont les prochains défis pour Libu dans l'optimisation de l'éclairage circadien, et comment envisagez-vous de faire évoluer vos solutions pour mieux répondre aux besoins des travailleurs de nuit ?
Nous travaillons conjointement avec nos clients sur leurs projets d’éclairage – l’objectif étant de proposer des solutions adaptées aux cycles de travail, mais aussi aux usages : l’adaptation de l’éclairage ne se fait pas de la même manière si les opérateurs surveillent des caméras, répondent à des appels d’urgence, ou peuvent être mobiles avec des interventions terrain.
Pour en savoir plus : https://libu.fr/