Bonjour Arielle, pour commencer, pouvez-vous vous présenter et nous expliquer comment vous en êtes venue à travailler avec des Groupes d’Entraide Mutuelle, et ce que représente pour vous, concrètement, la notion d’inclusion sociale dans ce cadre ?
Bonjour, je m'appelle Arielle j'ai 38 ans et cela fait 10 ans que je suis l'heureuse présidente du GEM L'ABEILLE VIE à BOURGOIN JALLIEU. C'est suite à un échec dans le monde du travail que j'ai rencontré le monde des GEM. Depuis je ne l'ai jamais quitté. J'aime le GEM, j'aime l'ambiance de solidarité et d'inclusion que cela apporte et j'aime les adhérents . Au GEM chacun à sa place et est libre de faire ce qu'il veut dans la mesure où il respecte la vie de groupe.
Sur la base de votre expérience de terrain, quels sont, selon vous, les mécanismes les plus puissants par lesquels un GEM transforme la vie sociale de ses membres (reprise de confiance, liens amicaux, accès aux droits, participation à la cité, etc.) ? Auriez-vous un exemple précis qui illustre ce changement ?
Le fait de donner confiance et de faire confiance est un véritable levier au GEM. Quand les adhérents font leur première visite ils répètent souvent la même chose : je ne sais rien faire, je ne peux rien apporter. Alors on les laisse arriver tranquillement en leur présentant la convivialité puis peu à peu en participant à la vie du groupe et en faisant des activités ils reprennent de l'assurance, s'affirment et reprennent goût à la vie. Car oui en réalité, on sait tous un peu faire quelques choses, et c'est le travail des administrateurs de découvrir des nouveaux talents. Certains prennent une place dans le Conseil d'Administration et font toute les réunions avec les partenaires pendant que d'autres font une à 2 activités. Chacun son rythme !
Beaucoup de bénéficiaires de GEM ont connu des parcours de rupture (isolement, hospitalisations, chômage de longue durée…). Quels sont les principaux obstacles à l’inclusion que vous observez au quotidien, et comment les dynamiques internes d’un GEM (pair-aidance, gouvernance, activités) permettent-elles de les dépasser ?
Certaines personnes ne sont parfois pas assez stable dans leur vie pour fréquenter le GEM et mettent en péril la vie du groupe. Dans ce cas là nous prolongeons l'essai de contrat visiteur et avisons. Il arrive parfois que nous orientons vers une structure plus adapté et invitons les adhérents à revenir quand ils se sentiront plus à l'aise avec le groupe ou que l'entraide entre pair ou les activités suffisent à intégrer la personne avec les adhérents.
Du point de vue des partenariats locaux (collectivités, structures médico-sociales, associations, entreprises), comment un GEM peut-il devenir un véritable levier d’inclusion dans le territoire plutôt qu’un lieu “à part” ? Pouvez-vous décrire une collaboration réussie qui a élargi l’inclusion sociale des adhérents ?
Nous participons au Conseil Local de Santé Mentale et au Projet Territorial de Santé Mentale qui oeuvre pour une meilleur pris une charge des patients avec une réel collaboration avec les acteurs du terrain du monde médico social local et départemental. Dans ces projets nous ne nous sentons plus comme de vulgaire malade mais comme des personnes dignes et considérés. De plus certains de nos adhérents qui se rendent avec nous pour tenir des permanences à la maison des usagers de notre hôpital de secteur ont moins d'appréhension vis à vis de l'hôpital psychiatrique.
Il existe parfois un décalage entre la philosophie des GEM (autogestion, entraide entre pairs) et les cadres institutionnels ou financiers. Comment gérez-vous, dans votre pratique, cette tension entre liberté des membres, exigences administratives et ambition d’inclusion sociale réelle ?
Nous sommes très organisé et nous nous appuyons sur l'aide de nos prestataires. Les membres du bureau sont très actif car très dévoué au GEM : Moi-même, la vice présidente et le trésorier nous rendons au GEM tous les jours du matin au soir pour s'entraider, s'amuser dans l'amour l'amitié et la bienveillance. Le GEM c'est une passion pour nous.
Si l’on se projette à cinq ou dix ans, comment imaginez-vous l’évolution du rôle des GEM dans les politiques d’inclusion sociale : doivent-ils rester des “îlots” d’entraide, ou au contraire devenir des acteurs centraux et reconnus des politiques publiques, et à quelles conditions ?
Personnellement notre GEM est déjà bien connue localement. Je pense qu'il faut laisser sa place à tout le monde, de l'adhérent qui viendrait juste faire un ou 2 ateliers par mois à celui qui viendrait toute la journée et participerait à toute les réunions citoyennes
Pour conclure, quel message aimeriez-vous adresser à la fois aux personnes en situation d’isolement qui n’osent pas pousser la porte d’un GEM, et aux décideurs (élus, institutions, professionnels) qui hésitent encore à investir davantage dans ces dispositifs d’entraide mutuelle ?
Venez nous rencontrez et votre vie changera probablement. Si vous voulez apprendre à nous connaître sans vous engager n'hésitez pas à consulter notre site web et notre chaine YouTube (lien disponible sur notre site web en cliquant sur relation presse)
Pour en savoir plus : https://www.abeille-vie.fr